Le cellulaire en classe

Le cellulaire en classe : une calamité ?

 Les téléphones portables, iPhone, BlackBerry, Android et autres téléphones intelligents font de plus en plus intrusion dans la salle de classe, ce qui ne peut qu’interpeler les professeures et les professeurs.

Le cellulaire en classe, avec les multiples fonctions qu’il possède, est l’occasion de toutes les distractions : sonnerie, envoi de textos, navigation sur des sites Internet sans lien avec le cours, jeu en ligne ou, même, photo ou vidéo du professeur ou de collègues étudiants prises et diffusées sans leur consentement.  Les professeurs déplorent souvent que la présence des téléphones portables a pour effet d’altérer l’espace de la classe comme lieu d’apprentissage.

Du point de vue enseignant, le contrôle des téléphones portables en classe présente ses difficultés : « J’enseigne au niveau collégial et je dois dire que nous sommes en compétition constante pour l’attention des étudiants, et la machine l’emporte. (…) il devient éprouvant de se battre quotidiennement contre son utilisation », témoigne une professeure (Karine B., sur le blogue de FM93 ; commentaire édité le 13 octobre 2009).

Il est certain que les étudiants d’aujourd’hui ont des exigences face à l’enseignement qui ne sont pas les mêmes qu’autrefois : la technologie, de plus en plus accessible, constitue une source incontournable d’accès à l’information. Ainsi, les téléphones portables pourraient, selon certains, constituer des outils intéressants pour servir de base à une pédagogie active.  « Courriels, agenda, clavardage, clips audio et vidéo, transferts de fichiers et accès à Internet représentent des moyens que les enseignants auraient avantage à intégrer à leur approche pédagogique », selon Philippe Aubé, dans un billet publié dans le blogue du Cefrio (billet édité le 27 avril 2009).

Dans cette perspective, l’utilisation des téléphones cellulaires, bien encadrée et avec le but de travailler dans des projets précis et délimités, pourrait soutenir l’enseignement interactif, favoriserait le travail en collaboration, ainsi que l’interaction entre professeurs et étudiants, et entre les étudiants eux-mêmes.

Du point de vue étudiant, l’attention que porte un étudiant ou une étudiante à son cours n’est pas liée au fait qu’il a ou n’a pas son téléphone portable entre les mains : « Je suis étudiant, témoigne Jonathan Audet dans un commentaire déposé sur le blogue de FM93, mais si nous sommes toujours en train de s’envoyer des textos en classe, c’est parce que les profs ne savent pas faire un cours intéressant!  Nous avons besoin d’être stimulés.» (commentaire édité le 22 février 2011).

C’est aussi le constat auquel en arrive Karine B. (op.cit.) : «  J’ai décidé de prendre l’approche de l’autonomie… ils auront les résultats qu’ils auront.  Au lieu de constamment avertir et arrêter mon cours, je tente de les garder occupés. Parfois on peut essayer d’intégrer les technologies multiples, mais les jeunes ne savent plus comment écouter et prendre des notes, simplement, ils doivent constamment être stimulés. »

Faut-il s’opposer à cette tendance lourde en interdisant complètement le cellulaire en classe ?  Y a-t-il lieu de définir les usages pédagogiques de cet outil, à l’intérieur de balises déterminées ?  Quel est votre avis, quelles sont vos pratiques à cet égard ?

Johanne Bergeron

6 commentaires pour Le cellulaire en classe

  • Michel Rompré

    Réponse à Karine B. et à Johanne Bergeron sur l’utilisation du téléphone cellulaire en classe:
    1. ‘Au lieu de constamment avertir et arrêter mon cours, je tente de les garder occupés’ dit Karine. Il ne faut pas ‘constamment’ avertir. Une saine gestion de classe établit les règles et les applique rapidement sinon elles n’ont plus de crédibilité. Le commentaire de l’étudiant Jonathan Audet est aussi fallacieux (‘les profs ne savent pas faire un cours intéressant’). Il ne faut pas oublier que nos étudiants manquent parfois de maturité et généralement de profondeur. Un cours de français, de maths et d’anglais sera presque toujours perçu par la majorité comme ‘plate’ alors que le cours de philo est perçu comme carrément inutile. Cette perception changera quelques années plus tard, comme nous le savons tous.

    2. Il ne faut pas faire l’autruche: la technologie a envahi nos vies et les générations montantes en sont devenues tellement dépendantes que certains y sont aussi accros qu’aux drogues dures! Je permets l’utilisation des applications pédagogiques (recherche Internet, dictionnaire, bibliothèques en ligne, etc.) sous contrôle (l’appareil est fermé une fois la tâche terminée et je vérifie régulièrement les écrans) mais je sanctionne sans remords les délinquants et les manipulateurs en confisquant le téléphone. Conseils:
    a. Ne jamais physiquement toucher l’appareil vous-même. Vous pourriez être accusé de l’avoir ‘brisé’ ou d’avoir envahi la vie privée de l’étudiant. Celui-ci effectue les manipulations que vous dictez.
    b. L’appareil confisqué est placé à la vue de tous, sur votre bureau ou dans un récipient prévu à cet effet. L’effet exemplaire et dissuasif est ainsi plus fort.
    c. Soyez inflexible. Si l’étudiant n’a pas été honnête (texter ‘en cachette’), il a brisé le lien de confiance et ne mérite plus votre ‘pitié’ ou ‘compréhension’.

    Si vos règles sont claires et appliquées, vos étudiants auront tendance à se conformer rapidement. Il y aura toujours le 10 % qui se croient plus malins que vous (ça devient un jeu ou un défi face aux autres étudiants) et les accros pour qui c’est maladif (ils ne répondent pas à la logique). Ceux-là sont vos cibles. Ils sont ceux qui sont réellement visés par cette problématique et avec qui vous devez faire des exemples. Ils sont également ceux qui tenteront de négocier, plaider ou même menacer. Discuter avec eux est inutile et dangereux car le premier carbure au conflit et l’autre est insensible à l’argumentation.

    Michel Rompré
    Langues Modernes

  • Maurice Agbatchi

    Pour ma part, j’ai dit à mes étudiants que pour le respect des autres, les cellulaires doivent être fermés pendant le cours. Nous sommes dans un cadre d’apprentissage et si la vibration du cellulaire devait pertuber le travail, je crois que ce n’est pas bien. Pour le moment ça marche, car les balises ont été clairement établies au premier cours. Je trouve pour ma part que si l’on accepte son utilisation pendant le cours, tôt ou tard cela va générer le plagiat car nos jeunes sont très habiles avec ces technologies.

  • Jean Allard

    Dans notre collège, à Jean-de-Brébeuf, un règlement stipule que les appareils de communication doivent être mis hors fonction en tout temps dans les locaux de cours, au service de santé, dans les laboratoires et à la bibliothèque. Le personnel du Collège se réserve le droit de confisquer l’appareil en cas d’infraction. Ce qui arrive à l’occasion.

    Dans les rares cas où un appareil est confisqué, il est remis au service informatique pour l’analyse du contenu et l’étudiant peut récupérer son bien après une rencontre avec un membre de la direction.

    Ces deux étapes font en sorte qu’un appareil confisqué ne peut être récupéré que quelques jours plus tard, et même parfois après quelques semaines. C’est assez dissuasif et nous n’avons donc aucun problème de gestion de classe.

    Ce règlement est présenté lors de la journée d’accueil et tous les règlements du Collège sont inscrits dans l’agenda de l’étudiant.

    En classe, nous utilisons donc des télévoteurs plutôt que demander aux étudiants d’utiliser leurs cellulaires pour répondre à des quiz. C’est essentiel, car il est faux de prétendre que tous les jeunes ont un cellulaire.

  • Pierre Cohen-Bacrie

    À une époque, on disait qu’ils n’avaient pas tous accès à un ordinateur, puis à Internet… La situation évolue rapidement et, pour autant qu’il ait une utilité et que les adultes ne le diabolisent pas, le téléphone portable se généralise. Dans sa récente conférence sur Générations Internet et médias sociaux, François Guité nous met en garde contre l’illusion de protéger l’école des TIC ; voir le billet qui lui est consacré.

  • Pierre Cohen-Bacrie

    « L’année dernière, nous avions une politique très stricte concernant l’utilisation d’appareils électroniques au sein de notre école. Cette politique a été créée avant mon temps, et certainement avec les meilleures intentions, au moment où elle a été créée. Avec les changements dans le monde, il y a eu plus d’une occasion pour les élèves d’utiliser ces appareils dans la salle de classe, et, comme les enseignants ont trouvé des moyens novateurs pour essayer des choses différentes, j’ai remarqué quelque chose de troublant. Les enseignants me demandaient la permission de les utiliser en classe et de « contrevenir » à la politique. Sur le coup, j’ai décidé de faire ce que je pensais être le mieux. Se débarrasser de la politique. » (traduit de l’anglais, en partie grâce à Google Translate).
    Source : The No Policy Policy, par George Couros, Connected Principals, http://j.mp/-0b81.

  • Niky Marchand

    je crois que les cellulaires peuvent être utilisés adéquatement et éducativement. les recherches internet ansi que les dictionnaires informatisé sont très utiles. comme n’importe quelle activité distrayante comme dessiner ou être dans la lune, texter n’est pas plus grave et c’est le problème de l’élève distrait. arretez de croire que vous pouvez tout changer. les élèves n’arreteront pas de toute façon. c’est leur responsabilité. merci; en tout cas, c’est mon opinion!

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

*