Handicap et transition en enseignement supérieur

Peut-être l’avez-vous déjà vécu, l’intégration dans vos cours d’étudiants ou d’étudiantes en situation de handicap représente un défi notable au plan pédagogique.  Bien que stimulant, il n’en comporte pas moins son lot de questionnement, d’incertitudes, d’adaptations.  Or ces étudiants sont de plus en plus nombreux à accéder aux études collégiales.  Comment les accompagner vers la réussite de leurs études ?

Autisme et douance sont deux mots qui ne semblent pas, de prime abord, aller très bien ensemble. Le Comité interordres pour une transition plus tranquille cite pourtant un article du Devoir intitulé  « Les autistes, surdoués de la perception » (Pauline Gravel, 4 avril 2011) pour souligner qu’une situation de handicap n’est pas que négative, même si elle demande à être prise en compte en milieu scolaire pour permettre de réussir ses études.

Les buts principaux du Comité interordres sont :

  • faciliter la transition interordres (cégep – université);
  • identifier, harmoniser et consolider les pratiques exemplaires ;
  • développer le soutien pédagogique aux enseignants.

La définition qu’il donne d’une situation de handicap est la suivante : « une situation de handicap, dans le milieu scolaire, fait référence à la difficulté qu’éprouve une personne à effectuer les tâches normalement demandées à un étudiant, et ce, à cause de certains troubles. » [source]. Pour s’en prendre à un mythe, cette situation n’a rien à voir avec l’intelligence des personnes atteintes de ces troubles. C’est ce qui fait aussi qu’une aide et un soutien appropriés permettent de réussir, même dans l’enseignement supérieur.

Son site web, matransition.com a été conçu afin d’aider ces étudiants en situation de handicap à mieux faire la transition entre deux ordres d’enseignement (collège/université).

Ce site s’adresse autant aux étudiants qu’aux professeurs. Il contient différents types d’informations pertinentes et plusieurs vidéos qui illustrent plusieurs cas d’étudiants qui vivent avec différents troubles tels que les troubles d’apprentissage, les troubles envahissants du développement (TED), les troubles du déficit de l’attention, etc.

Vous trouverez sur ce site :

  • des modèles d’intégration;
  • des pratiques exemplaires;
  • des descriptions de cas;
  • des vidéos;
  • un soutien pédagogique aux enseignants;
  • etc.

Le Collège Montmorency est membre du Comité interordres. Dominique Alarie, directrice adjointe à la Direction des affaires étudiantes et responsable du Secteur d’aide à l’apprentissage  participe, avec son équipe, de concert avec trois autres établissements d’enseignement à cette importante recherche sur l’intégration aux études supérieures des étudiants en situation de handicap.  Le projet interordres réunit, outre le Collège, le Cégep du Vieux-Montréal, l’Université de Montréal et l’Université du Québec à Montréal.

Le Collège peut offrir une aide aux personnes aux prises avec ce genre de troubles d’apprentissage. Les étudiants et leurs professeurs peuvent effectivement faire appel au Service d’intégration et de soutien aux étudiants en situation de handicap. Comme indiqué dans son nouveau portail, le Secteur d’aide à l’apprentissage (SAA) du Collège peut les aider de plusieurs manières :

  • en diffusant de l’information sur les politiques, les droits et les responsabilités de ces étudiants, les services auxquels ils pourraient avoir droit, notamment : accommodements, mesures d’adaptation, aide;
  • en étant disponible auprès des professeures et professeurs pour les conseiller et les accompagner dans la prise en compte qu’ils jugent opportune de la particularité de certains de leurs étudiantes et étudiants qui ne sont pas moins capables de réussir malgré le trouble d’apprentissage dont ils sont affectés.

Enseignez-vous à des étudiantes ou à des étudiants ayant de tels troubles ? Quels problèmes éprouvez-vous à tenir compte de ces cas dans votre pédagogie ? Quelles solutions avez-vous trouvées ?

Chantale Lepage
Conseillère pédagogique

3 commentaires pour Handicap et transition en enseignement supérieur

  • Luc Thomas

    Ils sont parmi nous !… depuis toujours!

    Je suis touché par le commentaire d’Alain Thomas parce que je croise dans mon travail tant d’étudiantes et étudiants vivant avec des limitations variées et qui me surprennent jour après jour. Assurément, vous avez tout mon respect pour avoir exprimé le point de vue de tant de jeunes.

    Tous ces gens vivant avec des différences réussissent mieux qu’avant à faire valoir leurs forces, en partie grâce aux services offerts pour soutenir leur réussite. En consultant quelques sites sur des personnalités ayant fait leur marque dans leur domaine malgré leur limitation, je n’ai pu m’empêcher de me demander : ceux qui réussissent sont-ils seulement des cas d’exception ? Et si cette diversité était un bienfait, là sous nos yeux, dans notre propre cour ?

    Que Beethoven, Graham Bell, Einstein, Dickinson, Edison, Newton, Twain, Curie, Van Gogh, Allen, Mozart, Dylan, ou Nash puissent avoir présenté un trouble envahissant du développement (autisme ou syndrome d’Asperger) pourrait-il changer ma perception de cette limitation? (voir http://www.dailymotion.com/video/x7wrak_autistes-celebres_webcam)

    De mieux comprendre les forces des gens différents et d’être en mesure de les imaginer productifs dans un domaine de travail après des études réussies pourrait-il me les faire mieux apprécier ? D’accepter que tous les talents doivent être mis en valeur m’aiderait-il à trouver avec eux les ajustements nécessaires pour assurer leur place sur le marché de l’emploi et dans la société?

    Je suis de ceux qui croient que l’exception enrichit la normalité, que la différence stimule la créativité. L’effort d’adaptation que cela nous demande comme éducateurs en vaut la chandelle ; la présence de gens différents ne peut que rehausser le niveau d’un groupe, d’une entreprise, d’une société.

    Luc Thomas
    Conseiller à la vie étudiante
    Responsable de l’intégration de personnes ayant des limitations fonctionnelles
    Responsable du service de placement étudiant

  • Chantal Courtemanche

    Commentaire faisant suite au message du professeur Alain Thomas, autiste

    Nous avons été touchés à la lecture de votre témoignage. Afficher publiquement votre différence a dû vous demander une bonne dose de courage. Bravo ! Vous êtes un modèle pour cette nouvelle génération d’étudiantes et d’étudiants que l’on côtoie de plus en plus au Collège. En effet, la venue de cette population étudiante est une nouvelle réalité pour le collégial. L’accueil de ces étudiants atteste que, malgré leurs différences et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer, ils peuvent réussir s’ils reçoivent un soutien approprié. Et c’est une excellente nouvelle puisqu’auparavant ces étudiants n’accédaient pas à l’enseignement supérieur et décrochaient avant le collégial.

    Le Service d’aide à l’apprentissage a pour mission de soutenir les étudiants qui présentent un trouble envahissant du développement (TED). Ceux-ci reçoivent un accompagnement ponctuel afin de les aider à se structurer dans les travaux, à planifier l’organisation des examens et à bien gérer leur temps et les imprévus. Il est même arrivé qu’on accompagne un étudiant à l’université afin de faciliter son intégration.

    Malgré la différence et leurs particularités, les professionnelles du Service arrivent à établir une relation de confiance et par surcroît privilégiée. Ce lien de confiance est également réciproque, car ces étudiants ont recours à nos services entre autres lorsqu’ils se sentent anxieux, inquiets ou incompris. Le Service d’aide à l’apprentissage est aussi un lieu qui permet à ces étudiants de décompresser.

    Souvent, à la demande des étudiants, les intervenants établissent un premier contact avec les professeures et professeurs, favorisant ainsi une meilleure connaissance de leurs besoins. La collaboration des professeurs qui les reçoivent est garante de leur réussite.

    Chantal Courtemanche, Isabelle Delage et l’équipe du Service d’aide à l’apprentissage

  • Alain Thomas

    Excellent qu’on commence à s’intéresser aux autistes. Pensez-vous qu’un autiste puisse un jour devenir pompier? Même capitaine de pompier? Pensez-vous qu’un autiste puisse un jour même devenir enseignant au Collège? La plupart des gens vont vous répondre que non.

    Je me présente, Alain Thomas, je suis autiste. Plus précisément, je suis atteint du syndrome d’Asperger. J’ai été capitaine de pompier pour une grande ville et je suis maintenant enseignant au Collège Montmorency en Techniques de sécurité incendie depuis 2005. Je suis même en parcours de maîtrise en enseignement collégial. Je vous laisse le temps de revenir de votre surprise. Je ne suis pas malade mental, je ne suis pas déficient intellectuel, je ne suis pas et ne me sens pas «brisé».

    Une partie de notre cerveau ne traite pas les informations en ce qui touche au domaine du social comme le fait celui des neurotypiques (les «normaux»). Cela provoque des difficultés dans les relations quand on ne connait pas l’autisme.

    Une fois que l’entourage et la personne autiste ont appris à se connaître, on peut profiter des aptitudes et des compétences de la personne autiste comme on le ferait avec n’importe qui. Il me fera plaisir de vous en dire plus sur ce qu’est ce syndrome et comment je vis avec lui tous les jours…

Envoyer un commentaire

 

 

 

Vous pouvez utiliser ces balises HTML

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

*