Pizza ou Remue-méninges écrit

« L’écoute est souvent meilleure lorsqu’on lit les autres que lorsqu’on les entend. »

Le remue-méninges écrit ou brainwriting pool est comparable au brainstorming sauf que le processus se fait par écrit et en silence.  Les participantes et participants notent leurs idées sur papier, les échangent entre eux et s’inspirent des idées des autres pour en trouver de nouvelles. On comprend que tout le monde est au travail en même temps et que le focus est mis sur la production et non sur la discussion ! La Pizza est une variante de cette technique de créativité.

Les étapes du brainstorming

Bien poser le problème

Supposons, à titre d’exemple, que vos étudiantes et étudiants aient à concevoir, en petite équipe, une activité éducative s’adressant à de jeunes enfants ou encore à concevoir une activité de prévention de la sécurité ou de promotion de la santé. L’important est d’abord de bien poser le problème. Que cherche-t-on exactement ? Un problème bien posé est formulé sous forme de question, si on veut trouver des réponses ! Sa formulation est brève et permet la génération d’idées et non l’analyse de la situation. Si le sujet de l’activité était déjà trouvé, la recherche pourrait alors porter sur les manières de l’exploiter.

Production écrite d’idées

Les étudiants sont regroupés en équipes de travail. Chacun prend une feuille mobile et écrit l’énoncé du problème en en-tête. Pour entrer dans le jeu, il doit déjà noter quatre idées avant de mettre sa feuille au centre de la table. Il pige une autre feuille rendue disponible par un de ses coéquipiers, lit les idées qui y ont été consignées et en ajoute de nouvelles (une ou plusieurs) selon l’inspiration avant de remettre sa feuille au centre de la table et en piger une autre… ainsi de suite.

Vous pouvez allouer de quinze à vingt minutes à cette production et rappeler aux étudiants l’importance de respecter les quatre règles du brainstorming, soit :

  • d’éviter la censure ;
  • de viser la quantité ;
  • de faire du pouce sur les idées ;
  • d’accueillir les idées folles. En passant, une idée folle n’est pas une idée impertinente ou sortie de nulle part, mais plutôt une idée qui surprend, qui étonne, qui déstabilise, voire qui choque.

Des idées aux solutions

Une fois la phase de la production d’idées réalisée, il convient de faire le ménage dans toutes ces idées. Invitez alors vos étudiants à prendre une feuille et à sélectionner celles qui leur semblent les plus prometteuses. Demandez-leur de les présenter et de les regrouper. Les idées retenues devront être enrichies et développées pour devenir opérationnelles et constituer de véritables solutions au problème posé au départ. Cela se dit évidemment plus vite que cela ne se fait !

Applications diverses

Les applications sont diverses, qu’il s’agisse de trouver de nouvelles avenues à un problème technique, humain ou relationnel, d’envisager les possibles et l’impossible face à une situation personnelle ou d’ordre professionnel, de découvrir de nouveaux sujets, de nouvelles chroniques, d’approfondir un filon, de trouver de nouvelles façons de faire, d’apporter des améliorations à quelque chose qui existe déjà… la liste est directement proportionnelle au besoin d’idées nouvelles ! Cela peut s’appliquer à toute situation de prise de décision, aussi bien en enseignement qu’en gestion.

Variantes

Même s’il n’est pas toujours possible de réunir des gens pour former une équipe de travail, le brainwriting peut se faire autrement :

  • un babillard placé à un endroit passant, sur lequel on inscrit clairement l’énoncé du problème, permettra à vos collègues, par exemple, d’y épingler leurs idées au fur et à mesure qu’elles surgissent ;
  • un calepin, donné à chaque participant, dans lequel on aura pris soin d’inscrire l’énoncé du problème, offrira un espace privilégié pour noter les idées qui viennent spontanément à l’esprit ;
  • un document électronique partagé (par exemple, un Google Doc, une page dans Moodle), est une autre avenue à explorer.  Un petit réseau de personnes, un travail collectif, surtout si vos pairs sont des gens curieux et généreux, sont les ingrédients d’une production d’idées fructueuse.

La Pizza… une technique de pointe !

Que vous utilisiez cette technique pour inciter vos étudiants à produire des idées ou encore à faire le point (révision), vous devez respecter la même démarche soit d’abord de dessiner le contour d’une grosse Pizza sur une pagivole (grande feuille mobile) et de la diviser en autant de pointes qu’il y a d’étudiants dans l’équipe (entre 3 et 5 idéalement). Chaque étudiant fait donc face à une pointe et inscrit l’objet de recherche dans la pointe de la pointe! Le sujet peut être le même pour tous ou encore chaque étudiant de l’équipe peut avoir un sujet différent, notamment si l’on s’en sert pour réviser un bloc de matières. Par la suite, chacun note ses idées ou ses connaissances en y allant de façon spontanée, en prenant soin de numéroter chaque nouvelle idée. Après quelques minutes, on tourne la pizza d’une pointe dans le sens horaire. Les étudiants se retrouvent devant la pointe de leur voisin, lisent ce qui y est écrit et ajoutent de nouvelles informations. Ce processus se répète jusqu’à ce qu’on revienne à la pointe de départ.
Source : www.cmontmorency.qc.ca/sdp/zoneprofs/adapter.html

Peu importe le support.  Tout est possible en autant que vous respectiez quelques éléments : l’énoncé du problème, la durée, les règles de production, et que vous relanciez les gens à l’occasion, la mémoire étant ce qu’elle est !

Conditions gagnantes

L’absence de jugement facilite l’ouverture d’esprit et permet d’avoir accès au plein potentiel des gens. Par ailleurs, il faut savoir qu’au bout de 10 minutes de production, le rythme ralentit, les producteurs d’idées s’essoufflent.  Encouragez-les à jouer avec les idées en pensant à leur contraire, en jouant sur un détail, etc. Rappelez-leur l’énoncé du problème, par exemple.  Il serait prématuré d’arrêter la production à ce stade.  Il faut atteindre le « second souffle » pour accéder aux idées plus originales.

Petits conseils d’usage : demandez à vos étudiants de s’installer physiquement autour d’une grande table ou de plusieurs petites et précisez-leur qu’il ne s’agit pas d’écrire la même idée sur toutes les feuilles, mais de toujours en chercher de nouvelles, inspirées par celles qui figurent sur la feuille qu’ils ont en main. Des rires risquent de fuser ou des sourires s’esquisser ! Ils y ont pensé ! Le climat n’en sera que meilleur.

Le brainwriting est un outil facile à utiliser et très efficace.  Le silence, la présence et le travail des autres incitent à produire.  Les gens ont du temps pour penser et peuvent ainsi mieux respecter leur rythme personnel.  Les idées minoritaires et conflictuelles ont une chance d’être exprimées.  Le groupe est plus facilement axé sur la tâche et moins susceptible d’être dérangé par la présence de participants de niveaux hiérarchiques différents, s’il en est.

Qui a commandé une Pizza ? Vous pensez déjà à vous en servir ? Racontez-nous… avec qui ? Dans quel contexte ? Pourquoi ? Les résultats obtenus ? Les réactions suscitées ?

La citation en exergue et le concept de Pizza sont issus de Créativité et innovation : des idées qui voyagent… ça change le   monde !, Hydro Québec, 1998.

Marie Ménard
Conseillère pédagogique
Collège Montmorency

                    

2 commentaires pour Pizza ou Remue-méninges écrit

  • Petite anecdote… Dans le cadre d’un atelier que j’animais, je m’étais organisée avec un des participants pour qu’il arrive à une heure précise avec cinq ou six boîtes de pizza d’un commerce, à l’intérieur duquel j’avais pris soin de découper une pizza papier et de noter le problème à résoudre. Vous dire la participation que j’ai eue ! Un bon coup ! Le plus difficile a été d’expliquer au commerçant pourquoi j’avais besoin d’autant de boîtes vides ! Et surtout, ce que j’allais en faire !

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